Quand il faut le dire...
Par 7h48 le jeudi, mars 13 2008, 12:24 - Lien permanent
Chacun a sa manière pour vivre au mieux les premiers jours d’une séparation. Moi j’ai besoin de m’enfermer chez moi et pleurer jusqu’à épuisement du stock de larmes, je me mets dans un état lamentable et au bout d’un moment (variable en fonction de la nature de la relation et du contexte de rupture) je vois ma tronche décomposée dans la glace et je me dis qu’il est temps de se reprendre.
Non pas que je suis capable d’oublier quelqu’un en un claquement de doigt, c’est juste qu’à partir de ce moment là ce sera plus facile.
Et comme si la période post reprise n’était pas assez difficile, il faut régler quelques détails pratiques dont un qui n’est pas des moindre : l’annonce de la séparation.
On fait des faire part pour les naissances, les mariages, les décès, mais pour une rupture non il n’y a rien de prévu.
- Les amis les plus proches.
On leur téléphone dans l’heure qui suit la séparation, en larmes, persuadé qui la vie n’a plus de sens.
- Les amis
Un mail commun et l’affaire est réglée, il vaut mieux prévenir tout le monde ça évite les gaffes
- Les connaissances
Vous pouvez compter sur le téléphone arabe, ça marche très bien dans ces cas là.
- Les collègues
je n'ai pas encore réglé le problème, personne n'est au courant. Pas envie de croiser les faux regards compatissants tous les jours dans les couloirs
- la famille.
La, j’avoue que c’est déjà plus difficile pour moi. J’ai fait la morte pendant une semaine, en espérant qu'il réalise que c'était une connerie et qu'il revienne mais cela de fut pas la cas et le dimanche ma mère m’appelle en furie pour me reprocher de ne pas avoir donné de nouvelles. Je la laisse finir ses reproches et lui répond que Gajal et moi sommes séparés, petit temps de silence qui traduit un semblant de regret de m’avoir pourri comme ça, puis la phrase qui tue en suivant « ha ben c’est Junior qui va être perturbé », merci maman de ton soutien ce n’est pas vraiment la première chose que j’avais envie d’entendre, je ne sais pas mais un « comment vas-tu » aurait été plus de circonstance.
Pour le reste de la famille, je fais confiance à ma mère pour relayer l’information….c’est une agence de presse à elle toute seule.
Mais voilà, elle bien mis l’accent sur un point important : l’annonce à junior.
Parce que là, j’angoisse un maximum.
Junior est parti 15 jours en vacances au moment de la séparation, et il est chez son père depuis. Je suis allée le voir samedi et n’a pas parlé de Gajal, mais en rentrant à la maison il va me demander où il est c’est inévitable, et là il va falloir que je lui explique.
J’ai bien réfléchi au truc, j’ai bien pensé à ce que je vais lui dire, mon petit discours est bien rodé, les Dolto et Friman ne trouveront rien à y redire.
Mais je flippe de sa réaction.
Au début, le junior, il n’en voulait pas trop du Gajal (et réciproquement). Je me souviens des petites phrases assassines du début « pourquoi il est encore là » ou « quand est ce qu’il rentre dans sa maison ».
Mais au fil du temps les choses ont évolué et il finissait même par s’impatienter lorsqu’il rentrait tard et le réclamait même le soir en rentrant. Il me voyait même heureuse et avait bien compris que Gajal c’était l’amoureux de maman qu’à partir de ça il faisait parti de notre vie.
C’est peut être là que j'ai fait une erreur.
Parce que Gajal il faisait semblant.
Gajal il supportait tout juste mon fils, j’en ai encore eu la confirmation récemment.
Je pensais que c’était le cas au début et que de son côté aussi ses sentiments avaient évolué et bien non, je me suis encore bien plantée sur ce coup là.
Mais je ne me vois pas dire à junior « mais non, ne pleure pas mon chéri de toutes façons il ne pouvait pas de voir ! »
Tout ça pour dire que j’attends sa réaction avec angoisse, parce que oui ça va le perturber.
Je m’en veux parce que ce petit bout qui n’a rien demandé à personne va faire les frais, une fois de plus, de mon incapacité à gérer correctement ma vie sentimentale.
Verdict dimanche soir.

Commentaires
Moi je suis persuadee surtout que ton fils va le prendre comme tu le prends toi.
Si tu lui annonce d´un air catastrophé, il va se dire que c´est grave, voire se sentir coupable lui-meme.
Si par contre tu lui dis simplement que vous etes separes, souries, et ignore completement le cote triste de la chose, ton fils lui non plus ne va pas etre triste.
Si Junior est triste ca ne sera que parce que tu es triste, parce que finalement, c´est toi sa maman..
Je plussoie Miss Nina : ton p'tit bonhomme, tout ce qu'il veut c'est que sa maman soit heureuse...
Mes parents ont divorcé quand j'avais 6 ans. C'est dire si je n'ai aucun souvenirs de leur vie à 2.
Ma mère n'a jamais refait sa vie (tant pis pour elle).
Mon père, lui, a collectionné les nénéttes.
Y en a une qu'on a détesté et qu'on a réussit à dégager.
Une autre qu'on aimait bien mais qui s'est cassée parceque se taper les 8 mioches de mon père ça lui disait moyen.
Bah tu sais quoi? On en avait rien à foutre. Mon père n'a jamais versé de larmes devant nous, n'a jamais eu l'air triste en nous annonçant que sa copine ne reviendrait pas.
Et puis nous secrètement on rêvait qu'il retournerait avec notre mère (mais grand bien lui a pris, il ne l'a jamais fait!) ;)
Tout ça pour dire, que ton fils sera peut-être tristounet au début. Parce qu'il s'était habitué à Gajal. Mais un mome ça passe vite à autre chose.
Courage!
Biz
Ca me rappelle ma mèr qui s'était mis avec un connard qui a abusé de sa gentillesse et qui un jour sur un coup de tête est parti car il ne nous supportait plus mon frère et moi. Quel bonheur ...
De toute façon c'est moi ton n'amoureux ^^
Yeepee pour ta maman! Elle doit être du même modèle que le papa de toutes les souris, qui, à chaque fois que je l'ai au téléphone, me fait le coup du "ça fait longtemps, je pensais que je n'avais plus de filles" sans jamais se soucier des problèmes qu'elles peuvent rencontrer dans leur vie présente, ses filles...
Non non, faut le savoir, pour nos parents, notre vie n'existe que lorsqu'on leur parle au téléphone. Dans les intervalles, c'est sûr, on glande.
Bon, bon, bon... à billet délicat, peu ou pas de commentaires... remarque l'essentiel a été dit par n°1 et 2... Le plus important pour un enfant, c'est qu'il soit convaincu qu'il n'est pour rien dans une séparation... Donc, il convient de prendre les choses de façon simple et directe, en lui faisant savoir qu'il s'agit là d'une affaire de grandes personnes. Ne pas charger l'ex, ne fermer aucune porte en ce qui concerne les liens éventuels qu'il aura pu nouer avec ce dernier, rester précis et concis au sujet des raisons de la séparation (nous ne nous aimions plus). Et puis tu ressentiras, sans doute, l'irrépressible besoin de lui dire, de lui montrer combien tu l'aimes et à celà il répondra de façon tellement touchante et vraie. Le plus difficile, selon moi, est de demeuer ferme (il doit sentir ta détermination d'adulte) et serein (il ne doit pas douter de ton amour pour lui ou s'imaginer qu'il puisse être la cause de tous ces bouleversements) quand on a envie de lâcher la rampe... Mais en tant que mère, tu es payée (pas cher certes) pour montrer l'exemple. Quant à tes désastreuses aventures sentimentales, je pense que tu exagères un peu la taille du radeau de la Méduse :) Alex
PS : côté gestionnaire du désastre, je suis certain que tu assureras... on y arrive tous !