Chacun a sa manière pour vivre au mieux les premiers jours d’une séparation. Moi j’ai besoin de m’enfermer chez moi et pleurer jusqu’à épuisement du stock de larmes, je me mets dans un état lamentable et au bout d’un moment (variable en fonction de la nature de la relation et du contexte de rupture) je vois ma tronche décomposée dans la glace et je me dis qu’il est temps de se reprendre.
Non pas que je suis capable d’oublier quelqu’un en un claquement de doigt, c’est juste qu’à partir de ce moment là ce sera plus facile.

Et comme si la période post reprise n’était pas assez difficile, il faut régler quelques détails pratiques dont un qui n’est pas des moindre : l’annonce de la séparation.
On fait des faire part pour les naissances, les mariages, les décès, mais pour une rupture non il n’y a rien de prévu.

- Les amis les plus proches.
On leur téléphone dans l’heure qui suit la séparation, en larmes, persuadé qui la vie n’a plus de sens.

- Les amis
Un mail commun et l’affaire est réglée, il vaut mieux prévenir tout le monde ça évite les gaffes

- Les connaissances
Vous pouvez compter sur le téléphone arabe, ça marche très bien dans ces cas là.

- Les collègues
je n'ai pas encore réglé le problème, personne n'est au courant. Pas envie de croiser les faux regards compatissants tous les jours dans les couloirs

- la famille.
La, j’avoue que c’est déjà plus difficile pour moi. J’ai fait la morte pendant une semaine, en espérant qu'il réalise que c'était une connerie et qu'il revienne mais cela de fut pas la cas et le dimanche ma mère m’appelle en furie pour me reprocher de ne pas avoir donné de nouvelles. Je la laisse finir ses reproches et lui répond que Gajal et moi sommes séparés, petit temps de silence qui traduit un semblant de regret de m’avoir pourri comme ça, puis la phrase qui tue en suivant « ha ben c’est Junior qui va être perturbé », merci maman de ton soutien ce n’est pas vraiment la première chose que j’avais envie d’entendre, je ne sais pas mais un « comment vas-tu » aurait été plus de circonstance.

Pour le reste de la famille, je fais confiance à ma mère pour relayer l’information….c’est une agence de presse à elle toute seule.

Mais voilà, elle bien mis l’accent sur un point important : l’annonce à junior.
Parce que là, j’angoisse un maximum.
Junior est parti 15 jours en vacances au moment de la séparation, et il est chez son père depuis. Je suis allée le voir samedi et n’a pas parlé de Gajal, mais en rentrant à la maison il va me demander où il est c’est inévitable, et là il va falloir que je lui explique.

J’ai bien réfléchi au truc, j’ai bien pensé à ce que je vais lui dire, mon petit discours est bien rodé, les Dolto et Friman ne trouveront rien à y redire.

Mais je flippe de sa réaction.

Au début, le junior, il n’en voulait pas trop du Gajal (et réciproquement). Je me souviens des petites phrases assassines du début « pourquoi il est encore là » ou « quand est ce qu’il rentre dans sa maison ».

Mais au fil du temps les choses ont évolué et il finissait même par s’impatienter lorsqu’il rentrait tard et le réclamait même le soir en rentrant. Il me voyait même heureuse et avait bien compris que Gajal c’était l’amoureux de maman qu’à partir de ça il faisait parti de notre vie.

C’est peut être là que j'ai fait une erreur.

Parce que Gajal il faisait semblant.
Gajal il supportait tout juste mon fils, j’en ai encore eu la confirmation récemment.
Je pensais que c’était le cas au début et que de son côté aussi ses sentiments avaient évolué et bien non, je me suis encore bien plantée sur ce coup là.

Mais je ne me vois pas dire à junior « mais non, ne pleure pas mon chéri de toutes façons il ne pouvait pas de voir ! »

Tout ça pour dire que j’attends sa réaction avec angoisse, parce que oui ça va le perturber.

Je m’en veux parce que ce petit bout qui n’a rien demandé à personne va faire les frais, une fois de plus, de mon incapacité à gérer correctement ma vie sentimentale.

Verdict dimanche soir.