Oui je sais ça fait une éternité. En plus la dernière fois, c’était pour poster mes photos de vacances et je sais bien qu’il n’y a pas plus emmerdant que de se coltiner les photos de vacances des autres.

Je ne sais pas si je suis encore dans les flux de quelqu’un (en me relisant je trouve cette phrase immonde) mais que vous dire à part que je coule des jours heureux avec mon Gajal, on va même acheter notre première machine à laver commune, c’est vous dire.
Ho, on a bien des disputes comme tout le monde mais pas de quoi alimenter un blog qui a acquis ses lettres de noblesse dans le sperme et l’alcool.

Il y a peu de temps de cela, le Gajal il m’a fait une grève du sexe parce que je ne voulais plus prendre la pilule. Lui ne voulait pas mettre de capotes, on était dans une impasse. Croyez-moi, un Gajal abstinent, c’est aussi agréable qu’une sodomie avec des gravillons. J’ai donc fini pas cédé et suis allée me faire poser un stérilet.

Bon je vous vois venir, elle n’écrit rien pendant un an et vient nous pondre un article de merde sur son stérilet.

Je serais donc brève en remerciant encore une fois Monsieur F –il comprendra- et précisant que la pose de ce type d’objet nécessite quelque précaution et notamment l’interdiction d’utiliser certains tampons au profit de modèle plus petits et sans applicateur.

Je sais qu’à ce moment là mon lectorat gay est au bord de la gerbe mais tout ça pour vous dire que la vue de ce tampon pour jeune vierge m’a fait penser à Anna.

Anna était une camarade de classe au collège. Avec Anna, on a eu nos règles presque en même temps, et ça, ça vous tisse une amitié. Ce bouleversement dans nos vies faisait l’objet de nombreuses conversations à la pause de 10h, entre les remèdes de grand-mère contre les maux de ventre et la joie de la dispense de piscine. Anna, elle était très dérangée par le côté John Wayne de la démarche que lui donnaient les protections périodiques.

Vu mon grand âge vous comprendre aisément qu’à cette époque là, les fabricants ne communiquaient pas sur la finesse du truc. Imaginez un peu « Incroyable mesdames ! La nouvelle serviette Machin ne fait que 3 cm d’épaisseur vous allez trop vous sentir à l’aise ! ». Non, d’ailleurs on n’osait même pas prononcer le mot « serviette » ça devait faire trop crade. On voyait juste une nana avec une pochette couleur bonbon qui dépassait de son sac à main, souriant niaisement au mec en face du genre mon cochon ce n’est pas ce soir que tu vas niquer !

Mais revenons à Anna, à qui je suggère alors l’utilisation de tampons. le problème était la mère d’Anna, elle a avait réussi à lui mettre dans la tête que ce type de produit était réservé aux jeunes filles de petite vertu. Je pense qu’elle avait peur que sa fille y prenne gout et réclame un calibre supérieur si vous voyez ce que veux dire. Après une plaidoirie à n’en plus finir sur les avantages de ces nouveaux petits tampon spécial « jeune fille » et garantissant à coup de notice que son hymen n’était en aucun cas menacé, Anna accepte donc que je lui offre son premier tampon.

Le lendemain, je retrouve Anna boudant dans un coin de la cour, soit disant que je n'était pas une bonne copine. Elle fini par m’avouer qu’en rentrant chez elle c’était vendredi 13 dans sa culotte et qu’elle avait du faire de la spéléo pour retirer la chose. Assez étonnée je lui demande si le fil a cassé mais visiblement elle ne voit pas de quoi je parle. Je sors donc un autre tampon de mon superbe sac à dos Creeks -très tendance cette année là- pour lui montrer le fil qui lui permettra de se passer des services d’Haroun Tazieff.

C’est à ce moment la que tout s’éclaire.
Cette couillonne avait oublié d’enlever le plastique.

Voilà ça m'a fait sourire, mais c’est avec ce genre de chose que l’on sait qu’on devient vieux, lorsque que la vue d’un truc anodin te ramène 20 ans en arrière.