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vendredi, février 8 2013

Il y a de la poussière ici…..

Ça mériterait bien un petit coup de chiffon.

Oui, je sais ça fait un petit moment, la plupart de mes lecteurs ont du me virer de leurs flux (ça me fais toujours penser à une pub pour Tampax quand j’écris ça…). Mais bon si il en reste quelques uns, rassurez-vous je ne suis pas morte.

D’ailleurs je pense à vous régulièrement, si je vous assure c’est vrai, mais jusque là, la perspective de savoir que certaines personnes me lirait me hérissait les poils au plus haut point (particulièrement ceux du pubis, les rares fois où j’en ai). Aujourd’hui, je m’en cogne, et si c’est le cas, embrassez bien fort ma nièce de ma part.

Alors qu’est ce que je deviens ? et bien au final pas de changement radical dans ma vie, j’habite toujours au même endroit et je travaille toujours au même endroit.

Mais il s’est passé quand même un tas de trucs, des bons et des moins bons.

Dans les moins bons *mode cosette on* , j’ai perdu mon papa. On l’a même enterré sans que je le sache (oui je sais, c’est ignoble), heureusement je l’ai eu au téléphone quelques semaines auparavant et on s’était dit au revoir. Je regrette qu’il n’ait pas cru en ma parole, mais il m’aimait, ça j’en suis certaine, et je me dis que si le salopard de bon dieu auquel il croyait tant existe vraiment, maintenant il sait la vérité. Ça m’a fait très mal, mais maintenant je suis sereine par rapport à ça.

Rangez les mouchoirs, je vais bien.

Maintenant les bonnes nouvelles : ma mère a pris sa retraite et vit à 500 kilomètres de chez moi. J’avoue, ça c’est surtout un test pour savoir si elle me lit…ou si l’espèce de collabo qui est issu de la même paire de couille que moi a transmis le message.

Bref, je vois bien la question qui brûle vos lèvres, la 7h est-elle toujours avec Gajal ? et bien la réponse est oui….ça vous en bouche un coin hein ! et même qu’après une formation intense , c’est devenu un homme presque parfait (oui, un homme ne peut pas être parfait sinon c’est une femme), c’est devenu une parfaite fée du logis,maintenant c’est lui qui gueule quand je laisse du bordel ! Il s’occupe aussi beaucoup de Junior dont on a désormais la garde à plein temps.

Que dire de Junior, mon bébé d’amour, le petit garçon qui chipait le téléphone portable de son instit de maternelle pour dire à sa maman qu’il avait fait un beau dessin … et bien c’est un bonhomme de 12 ans, toujours fan de foot et de catch, il fait la même taille que moi, il a des boutons sur la gueule et le slip qui le démange sévèrement !

Récemment, j’ai relu l’intégralité de ce blog (ne cherchez pas, presque tout est hors ligne), j’ai souris, j’ai ris, j’ai pleuré. Je me suis remémorée plein de trucs, des bons, des moins bons. Je me suis dis putain, cette nana est complètement barge…. mais elle écrit pas trop mal (j’ai l’égo un peu moins à bloc mais il est toujours un peu là).

Alors non, je ne reprend pas l’écriture quotidienne mais promis je vous donnerai des nouvelles. Parce que ce blog, il fait parti de ma vie, il m’a aidé à plein de choses : à déverser ma bile, à rester zen dans les moments difficiles, à trouver du réconfort avec des gens que je ne connaissais même pas. Il m’a permis de rencontré des personnes qui sont maintenant mes meilleurs amis (je pense particulièrement à deux connasses qui se reconnaîtront). Mais surtout ce blog , il m’a permis de trouver le véritable amour.

Même si ce n’est pas facile tous les jours, saches que je t’aime. Je t’aime d’un amour absolu et inconditionnel.

lundi, mars 28 2011

Mon chirurgien m’a largué !

Chaque rendez vous à l’hosto est une source d’angoisse, particulièrement ceux avec le chirurgien. Pourtant je l’aime bien elle est sympa, elle a toujours ce grand sourire lorsqu’elle m’annonce qu'elle va encore m’enlever un morceau.

Ce dernier rendez vous, je l’appréhendais particulièrement, je traînais des pieds sur le chemin de l’hôpital, ce chemin que je connais trop bien. J’ai rendez-vous à 15h et je sais déjà qu’elle aura au minimum une heure de retard. L’expérience m’a appris qu’il vaut mieux avoir le premier rendez vous de la matinée ou de l’après midi, 15h c’est un mauvais créneau.

Comme d’habitude, elle ouvre la porte avec son grand sourire, impossible de lire sur son visage ce qu’elle va te dire. Je suis convaincue qu’elle m’annoncerait que je vais crever demain avec ce sourire là.

J’ai le cœur qui bat la chamade, il est temps de faire cesser ce suspense insoutenable, mais elle prend son temps, me fait asseoir et consulte longuement mon dossier.

Les résultats sont bons, on ne devrait plus être amené à se revoir.

J’aurais du sauter de joie et danser autour de la table, j’ai tout juste esquissé un sourire.

Elle m’a examinée et s’est félicitée de ma jolie cicatrice. Encore quelques analyses à faire, je reste sous haute surveillance, mais normalement j’en ai terminé.

Je suis sortie de là dans un état un peu bizarre, je n’arrivais pas à me réjouir.

Je regardais des feuilles voler sur l’esplanade en pensant à la liste des courses que je devais faire avant de rentrer.

Pour la première fois je suis sortie de là sans rien. Pas d’analyse, pas de rendez vous avec l’anesthésiste, pas de prise de sang, pas d’ordonnance, rien.

Pas de soulagement mon plus, mais une sorte de spleen très étrange. J’ai du mal à croire que j’ai pu m’attacher à mon cancer.

Il ma bien fallu quelques jours pour réaliser que c’était fini, mais être heureuse ce n’est pas encore le cas.

J’ai aussi du mal à croire ceux qui affirment que la maladie rend plus fort, ce sont de grosses conneries. La maladie, ça use, ça te plonge dans un monde hostile, ça affaibli, ça laisse des traces.

Bien sur, j’ai un peu honte de penser ça quand je songe à celles que ça a amené au cimetière mais c’est ce que je ressens, c’est comme ça.

Je suis en vie, je ne suis plus malade, mais ça ne me suffit pas

mardi, décembre 28 2010

Même joueur joue encore

Après c’est reparti pour quelques semaines d’attente pour l’analyse du morceau de viande.

Bon tu n’es plus à ça prêt, entre toutes les analyses, les consultations et l’opération ça fait quand même 5 mois que ça dure cette histoire. L’avantage c’est maintenant tu sais comment ça fonctionne et tu connais les combines pour ne pas passer ta journée à l’hosto pour une consult d’un quart d’heure.

Vient enfin le jour où le cœur battant, tu te rend au rendez vous qui doit normalement finir par l’annonce de l’extermination du crabe.

Sauf que j’ai eu droit au retour à la case départ, on prend les mêmes et on recommence.

« Bon, je vous laisse passer les fêtes tranquillement, on ré-opère le 7 janvier »

C’est certain, elles vont être géniales les fêtes….

lundi, décembre 6 2010

Ne le dis à personne

D’ailleurs les premières semaines je ne l’ai dit à personne, un peu comme un maladie honteuse.
En fait le cancer de la chatte on n’en parle pas facilement.
Alors oui, ça ne se voit pas. Tu peux même dire que tu prends des vacances, personne ne verra rien.

Puis vient un moment où ça devient pesant, ou l’anodine question « ça va ? » fait figure de provocation. Pas envie de faire semblant, mais pas envie de faire pitié, le choix n’est pas évident. Bon, il se trouve que je suis globalement entourée de gens censées et intelligents (à part quelques uns) donc mon coming-out s’est relativement bien passé.

Je ne pense pas être quelqu’un qui s’apitoie sur son sort facilement et heureusement parce que je suis plutôt dans la catégorie des gens qui, quoi qu’il arrive, ont toujours une grosse merde qui leur tombe sur la tronche au moment où celle d’avant venait de s’arranger.
C’est le karma ma pauv’ Lucette, on n’y peut rien. Alors il faut faire avec, même si tu as un peu de mal lorsque l’on te remet une brochure « perruques et foulards, collection automne-hiver 2010 ».

Et puis surtout j’ai un petit bonhomme formidable et ça c’est qu'il y a de plus important.

Il serait complètement illusoire de penser que l’on peut cacher des choses importantes aux enfants. Les gamins, ils sont équipés d’un radar à emmerdes et tu auras beau faire ce que tu veux, si quelque chose ne va pas, ils le sentent. Évidement, un môme c’est fourbe, alors n’imagine pas qu’il va te prendre la main et te demander ce qui ne va pas, non, il se mettra à pisser au lit ou à mordre sa maîtresse. Pour l’avoir expérimenté une fois, je ne tenais pas à réitérer l’expérience.

Bien entendu, l’idée n’est pas de le faire flipper , mais de lui annoncer l’air de rien, entre le Kiri et la Danette, que tu es un peu malade et tu risques d’être fatigué un petit moment. Pour le mien pas d’inquiétude puisque sa réaction a été de me demander qui allait lui préparer son goûter pendant cette période.
Et c’est quand même rassurant que ses préoccupations s’arrêtent à ce niveau là.

lundi, novembre 22 2010

L’atelier boucherie.

Bon ça va peut être vous choquer et faire un peu toxico, mais l’anesthésie générale c’est quand même terrible. ça dure 4 secondes et demi mais le moment où tu te sens partir, il est franchement tripant.

Après, psychologiquement c’est plus compliqué, particulièrement quand tu sais que c’est pour sortir avec un morceau en moins. C’est con parce que tu as bien conscience que c’est ça qui va te guérir, mais moi je l’ai vraiment ressenti comme une amputation.
Et puis ça a des conséquences.

Avec mon Gajal, on n’a pas de projet d’enfant. Lui n’en a jamais voulu, et moi je ne me vois pas me remettre dans les couches pleines de caca et les nuits blanches.

Il n’empêche qu’il y a une différence entre ne pas vouloir et ne pas pouvoir.

Et comme par enchantement, c’est à ce moment là que Junior réclame un petit frère, qu’une personne sur deux que tu croise à moins de 6 mois , qu’un tiers des utérus que tu connais, encore apte à le faire, t’annonce une gestation et que partout où tu vas, des Prenatal ou Natalys poussent comme des champignons. Enfin, tout conspire à te faire faire penser à ça, voire à revenir sur tes positions, alors que ce n’est plus possible.

Pour être honnête, ces derniers mois, j’ai eu envie d’exploser au napalm tout ce qui se promenait dans une poussette.

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